miércoles, 26 de mayo de 2021

¿Quién es "tú" en estos poemas de Josephine Bacon?

Tu me promets une terre pure Où tu existes Missinaku m’abreuve Papakassiku court avec moi Le lichen me nourrit La mousse soigne mes larmes Je reviens à la grande étoile Mon guide C’est ici que je danse Avec les aurores boréales Étendue, je n’agonise pas J’ai grandi avec l’espace Les voix sont simples Parfois j’emprunterais Les mots des poètes Tu es là Je suis là C’est chez toi Que tu me fais Entendre la Terre Enfant de la Toundra Résonne mon cœur Ta musique, la rivière Ta lumière, les étoiles Ton tapis, le vert tendre du lichen Je ne sais pas voler mais tu me portes Ta vision dépasse le temps Ce soir je n’ai plus mal La ville ne m’enivre plus ¿El niño de la Tundra? La respuesta: L’identité sommeille Un désir d’espaces Se bat dans la mémoire La réponse se dessine Sur mes cheveux gris Mes mains parlent de vent Tu m’écoutes pour entendre ma voix Une terre nue t’invite La blancheur saison calque ton corps Nul nuage ne perturbe ta joie Les innombrables lumières là-haut N’aveuglent plus tes yeux Qu’importent leurs couleurs Tu es l’Esprit des récits anciens

Me contoneo entre el azul del azul

JOSEPHINE BACON POEMAS Yo no sé cantar Sin embargo, en mi cabeza Un aire me llama La verde Tundra Mi cuerpo se apoya Sobre una presencia Invisible La ciudad donde yo vago Y la esperanza de que tú me acojas Puesto que yo soy Tú De Un té en la tundra / Nipishapui nete mushuat, 2013 Joséphine Bacon (Canadá, Nación Innu) Traducción de Rafael Patiño *** Piernas fatigadas Yo avanzo, yo avanzo, yo avanzo Pasos lentos, pasos acelerados Yo he envejecido desde entonces Desnuda Tú me ofreces el horizonte Estupefacta, yo veo Lejos De Un té en la tundra / Nipishapui nete mushuat, 2013 Joséphine Bacon (Canadá, Nación Innu) Traducción de Rafael Patiño   *** Ninguna necesidad de saber escribir Ni de saber calcular Me basta con conocer Las direcciones Coger el hongo Que preserva el fuego Inmortal Yo llevo mi bastón de palabras Y me dirijo a las estrellas Me siento para reposar mis pies Sé estar sola para escuchar Las auroras boreales Me contoneo Entre el azul del azul De una noche que adormece Mi abuelo el oso El horizonte estará allí Esperándome Y me conducirá al río A la corriente Engañosa a veces Por fin llego A la tierra que espera Mi llegada De Un té en la tundra / Nipishapui nete mushuat, 2013 Joséphine Bacon (Canadá, Nación Innu) Traducción de Rafael Patiño *** Esta noche Tundra Escucho su silencio Ruido de pasos Ritmo del corazón Sonido de tambores El eco canturrea una encantación Papakassiku lo escucha Y envía a su hijo Caribú A alimentar mi cuerpo fatigado Calzar mis pies usados Yo extiendo sobre la nieve su cuero de piel Para dormirme Mis sueños alcanzan las estrellas La Tundra me susurra Mírate ahí De Un té en la tundra / Nipishapui nete mushuat, 2013 Joséphine Bacon (Canadá, Nación Innu) Traducción de Rafael Patiño *** Ellos partieron Me encuentro sola He marchado sin desfallecer He cojeado hasta ti La espalda doblada Me fui a buscar a los abuelos Hasta tus venas en el río He encendido un fuego Tú me purificas Pido perdón a la vida De Un té en la tundra / Nipishapui nete mushuat, 2013 Joséphine Bacon (Canadá, Nación Innu) Traducción de Rafael Patiño *** Esta noche la luna se desborda Una melodía narra un sonido Un embrujamiento de tambor Canta una tierra Un lobo aúlla su dicha Los caribús están allí El corazón palpita Un ritmo tañe una sonrisa Una danza invita A la música En donde los pasos dejan sus huellas De Un té en la tundra / Nipishapui nete mushuat, 2013 Joséphine Bacon (Canadá, Nación Innu) Traducción de Rafael Patiño

Las primeras naciones

Término que acabo de encontrar en una nota sobre Josephine Bacon y otres poetas de Norteamérica originaria. Está bueno para nombrar con honor y entidad de pueblo, cultura y organización a toda la gente que viviía acá antes de 1492 y sigue considerándose "Nación" o fue extinguida o mestizada pero sigue recuperando su historia y sus voces.

Joséphine Bacon: Sus versos son tan hermosos como su sonrisa

 

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  • Joséphine Bacon, la vie en trois temps d'une femme d'exception

    Joséphine Bacon, poète

    Joséphine Bacon, poète

    PHOTO : RADIO-CANADA / ANNE-MARIE YVON

    Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

    De son Nitassinan natal jusqu'à Montréal, Joséphine Bacon a traversé son existence en plusieurs étapes. Poète, réalisatrice, traductrice, parolière et enseignante, Joséphine Bacon nous raconte sa vie en trois temps.

    Il y a eu le temps de la toundra et du pensionnat, le temps d’une première rencontre déterminante avec ses ancêtres et le temps de la transmission par la poésie et l’enseignement de l’innu-aimun.

    Joséphine Bacon est une Innue de Pessamit. Elle a reçu, vécu et voulu partager cet amour du territoire et de la langue de ses ancêtres alors parlée dans l'arrière-pays, le Nutshimit. Une langue innue remplie des mots de la vaste nature, contrairement à l'Innu-Assi parlé sur un territoire plus restreint, constitué par la réserve et les environs.

    « Je ne suis pas l'errante de la ville. Je suis la nomade de la Toundra », écrit Joséphine Bacon dans son recueil Un thé dans la toundra - Nipishapui nete mushuat.

    Je pense que ma vie se trouve dans tous les récits que j’ai transcrits et traduits.

    Une citation de : Joséphine Bacon
    « Un thé dans la toundra / Nipishapui nete mushuat », de Joséphine Bacon

    Joséphine Bacon - Un thé dans la toundra / Nipishapui nete mushuat

    PHOTO : RADIO-CANADA / MÉMOIRE D'ENCRIER

    Le Nutshimit

    Joséphine Bacon naît en 1947 dans une communauté innue autrefois nommée Bersimis, puis Betsiamites, avant de devenir Pessamit (à 50 kilomètres à l'ouest de Baie-Comeau). Les cinq premières années de sa vie se déroulent en semi-nomadisme dans le Nutshimit, l’intérieur des terres de son peuple.

    Elle vit un certain déracinement lors de son entrée au pensionnat à Maliotenam (près de Sept-Îles), mais elle s’y retrouve avec les jeunes des communautés environnantes, ce qui lui permet de converser dans sa langue. « Le pensionnat m’a permis, dit-elle, de connaître tous les Innus de plusieurs communautés.

    Joséphine Bacon, à la fenêtre d'une maison à Natashquan

    Joséphine Bacon raconte son territoire ancestral

    PHOTO : KIM O'BOMSAWIN

    Et le territoire l’habite toujours. « Pour moi, Nutshimit, je ne l’ai jamais perdu », dit-elle, mentionnant à quel point cette terre l’a nourrie concrètement au début et spirituellement par la suite.

    « S’il [le Nutshimit] a jamais quitté mes grands-pères et mes grands-mères, moi je ne l’ai pas quitté non plus parce qu’ils me l’ont conté. »

    À tous les jours, Nutshimit te donne ce dont tu as besoin pour marcher.

    Une citation de : Joséphine Bacon
    Aimititau! Parlons-nous!

    Joséphine Bacon lit son poème Aimititau ! Parlons-nous !

    PHOTO : MÉMOIRE D'ENCRIER


    Québec, Ottawa, Montréal

    À l’aube de la vingtaine, Joséphine Bacon quitte Malio, direction Québec, avec quelques amis pour entreprendre des études de secrétariat. Elle utilise le français ou l’anglais au besoin, alors qu’entre eux ils ne cessent de discuter en innu aimun. De Québec, elle se rend à Ottawa pour participer à une formation offerte par le Bureau des affaires autochtones lui permettant de devenir « une bonne secrétaire ». Elle y reste six mois.

    En novembre 1968, elle débarque à Montréal pour se trouver du travail. Les premiers temps sont durs, elle finit par « être un peu itinérante ».

    Pour survivre, elle vogue de petits boulots en petits boulots. Un jour elle se retrouve dans l’ouest de Montréal « et c’est dans l’ouest de Montréal que se trouvaient tous les Indiens ». Un couple d’entre eux, des étudiants à McGill, recueillent Joséphine et ses amis et les aident à s’intégrer. Celle-ci connaîtra les nuits de Montréal, sa musique, ses boîtes de jazz, dont le Rockhead's Paradise.

    C’est aussi grâce à ce couple qu’elle entre en contact avec des anthropologues qui font du terrain chez les Innus du Labrador et du Québec. Elle fera de la transcription pour Rémi Savard, Sylvie Vincent et José Mailhot. « Pis José m’a enseigné à transcrire en phonétique et Rémi me racontait les mythes fondateurs, que je ne connaissais pas pour toutes les années de pensionnat. »

    Devenue assistante de recherche pour Sylvie Vincent, elle l’accompagne à Natashquan. Les aînés du coin lui racontent leurs mythes et récits. « C’est comme ça que j’ai pu tout récupérer, pis poser les questions que j’avais besoin de poser. »

    Elle réapprend ainsi la langue du Nutshimit « qui n’est pas pareille comme quand t’es sédentaire et que tu vis dans la réserve. »

    Joséphine Bacon

    Joséphine Bacon et la langue de ses ancêtres

    PHOTO : BENOÎT ROCHON

    J’ai pu me réapproprier le Nutshimit, même si je ne l’ai pas vécu, je me le suis réapproprié avec les mots des aînés qui m’amenaient avec eux dans leurs récits.

    Une citation de : Joséphine Bacon

    Le temps passant, Joséphine ne deviendra jamais secrétaire. Outre son travail de transcription et d’assistante de recherche, elle travaille aussi avec des linguistes, devient traductrice et côtoie des cinéastes, dont Gilles Carle et le documentariste Arthur Lamothe qu’elle accompagne à l’occasion.

    Joséphine Bacon lit un extrait de sa poésie.

    Joséphine Bacon - Bâtons à message / Tshissinuashitakana

    PHOTO : RADIO-CANADA / YVON THÉRIAULT


    Le documentaire et la poésie

    Un jour l’ONF lui ouvre ses portes dans le cadre d’une formation de cinéaste autochtone. Elle devient documentariste. Sa première production, aujourd’hui disparue, raconte la rencontre d’aînés innus et de mères de clan de Kahnawake.

    Elle réalise ensuite Tshishe Mishtikuashisht - Le petit grand européen : Johan Beetz, un documentaire sur « un Européen qui a marié une Indienne ».

    Elle participe également à diverses séries jusqu’à une autre rencontre déterminante dans sa vie.

    Joséphine Bacon

    Joséphine Bacon et la poésie

    PHOTO : RADIO-CANADA/MATHIEU ARSENAULT

    « L’écriture est arrivée dans ma vie par accident », raconte Joséphine Bacon. En 2008, sa rencontre avec la poète et auteure de récits Laure Morali l’entraîne sur une nouvelle route. Tous les mots qu’elle couchait sur de petits bouts de papier depuis si longtemps prennent enfin vie.

    Ses quatre recueils de poésie rendent hommage aux anciens, au Nutshimit et à 50 ans de vie à Montréal avec son récent recueil, Uiesh - Quelque part, sa première œuvre urbaine « parce que Montréal a fait de moi qui je suis ».

    Quelque part / Dans le Nutshimit / Je suis chez moi / Sans adresse réelle / Ma rue s'appelle chemin de portage

    Uiesh / Nutshimit / Nitshinat nititan / Apu atshitashunashtet / Anite epian

    Une citation de : Extrait (p.120) de Uiesh - Quelque part de Joséphine Bacon

    « Demain peut-être est dans l’écriture, notre langue est peut-être dans l’écriture, c’est peut-être dans l’écriture qu’on restera encore vivant », conclut philosophiquement Joséphine Bacon.

    Le recueil de poèmes Uiesh Quelque part signé Joséphine Bacon

    Joséphine Bacon - Uiesh / Quelque part

    PHOTO : MÉMOIRE D'ENCRIER